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Du bling-bling à l’éco-conception
01/05/2009 Environnement
Du bling-bling à l’éco-conceptionMarquées par une série de catastrophes écologiques, les années 90 ont vu émerger une prise de conscience environnementale. Sensibilisée à ces questions, la filière événementielle a mis au point l’éco-conception, une démarche qui modifie en profondeur l’organisation des événements.
« Il y a 10 ans, les entreprises étaient moins attentives à la forme. Lors d’un événement, il n’était pas rare de voir des animations
sans aucun rapport avec le message de la marque. Actuellement, il est inconcevable qu’une animation ne serve pas le produit, avant même d’être éco-conçue », observe Benoît Desveaux, directeur général du Public Système. « Plus ciblé, plus professionnel, plus humble » (Étude ANAé/Bedouk 2009), l’événement a définitivement abandonné le faste et la démesure, vestiges des années 80. « Aujourd’hui, il n’y a pas moins d’événements, simplement ils ont plus de sens et font moins d’esbroufe », résume Dan-Antoine Blanc-Shapira, président de Sensation ! Avec Benoît Desveaux, il est à l’origine de la réflexion sur l’intégration du développement durable aux métiers de l’événementiel. Une démarche collective démarrée en 2005, qui est d’abord le fruit d’une prise de conscience individuelle. De son enfance en Californie où le tri sélectif existe depuis les années 70, Dan-Antoine Blanc-Shapira a gardé une sensibilité écologique qu’il met en pratique au sein de son agence depuis 20 ans. Mais c’est à partir de 2001 que l’éco-conception devient un vrai enjeu avec la loi des Nouvelles Régulations Économiques, incitant les grandes entreprises à rendre des comptes sur l’impact environnemental de leurs activités.
« Nous avons commencé à réfléchir à une stratégie RSE (Responsabilité Sociale des Entreprises) à ce moment-là. Celle de La Poste était un exemple à suivre. À l’époque, c’était la seule à prendre en compte les 3 piliers du développement durable : environnemental, social et économique », explique Benoît Desveaux. Les deux directeurs d’agences ont très vite eu conscience de l’importance d’impliquer tous les acteurs du secteur à travers leurs associations pour mettre en place une démarche commune. Un groupe de travail est alors constitué avec les principaux représentants de la filière1, tandis qu’une charte est lancée pour entériner la démarche d’éco-responsabilité en 2006. « Le développement durable a permis pour la première fois de rassembler des personnes qui n’ont pas forcément l’habitude de s’asseoir autour d’une même table », constate Dan-Antoine Blanc-Shapira. Trois ans après, la première phase de sensibilisation a porté ses fruits. Des campagnes d’éco-gestes ont été organisées dans de nombreuses entreprises du secteur. Au Public Système, plus de 70 % des collaborateurs sont aujourd’hui formés à l’écoconception. Des outils ont également été mis en place comme des fiches pratiques téléchargeables sur le site www.eco-evenement.org et bientôt la publication de 5 grilles initiées par l’ADEME pour accompagner les organisateurs dans l’éco-conception de leur événement. Jusqu’à présent, la démarche ne concerne que le volet environnemental du développement durable.
« En matière sociale, la législation française impose déjà des normes strictes tandis que le respect de l’environnement n’était absolument pas réglementé », justifie Benoît Desveaux. Sensibilisé aux questions d’insertion professionnelle des personnes handicapées, Dan-Antoine Blanc-Shapira pousse ses clients à intégrer ces problématiques à leurs événements en organisant par exemple des formations à l’accueil pour les personnes défavorisées. Mais ces initiatives individuelles ne sont pas encore systématiques. L’engagement de la filière événementielle en faveur du développement durable n’en est qu’à ses débuts. La création d’un label s’annonce être le grand chantier de l’année 2009. « Nous sentons un besoin des agences d’être reconnues dans leur démarche environnementale », observe Benoît Desveaux qui redoute que des labels autoproclamés ne se généralisent. « Il est essentiel qu’une entité indépendante soit en charge de vérifier les actions mises en place par les entreprises du secteur », poursuit-il. Dan-Antoine Blanc-Shapira est confiant : « Le développement durable n’est pas un effet de mode ! Dans 10 ans, voire avant, l’éco-conception sera totalement intégrée aux cahiers des charges au même titre que la sécurité ou le budget. On ne parlera plus d’événement durable. Ce sera la norme ! ».
Par SARAH CHEVALLEY - Meet>In n°100 (mai 2009)
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