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Humanitaire : quand l’événementiel s’engage
01/05/2009 RSE
Humanitaire: quand l’événementiel s’engageTrès pratiqué, de la PME à la multinationale, l’humanitaire se décline aussi en événementiel. Fédérateur, porteur de valeurs positives, il répond aux problématiques actuelles des entreprises qui souhaitent donner du sens à leurs événements.
Dons, partenariats, congés solidaires, mécénat de compétences… Les entreprises s’y adonnent et toutes rivalisent d’ardeur pour
l’humanitaire, porteur de nobles valeurs. Après être devenu éco-responsable, puis durable, l’événementiel se lance à son tour dans le tourisme responsable. Peut-on parler d’événement humanitaire comme on parle d’événement durable ? Certains préfèrent le terme solidaire, comme Michel Bensadoun, directeur général de l’agence EOS. Médecin, acteur de l’action humanitaire, il a déjà organisé une trentaine d’opérations solidaires pour ses clients. « On ne compense pas un événement par de l’humanitaire comme avec la taxe carbone pour l’environnement. Il s’agit plus de véhiculer des valeurs de l’entreprise à travers une démarche de développement durable ou solidaire. Il existe deux niveaux d’action : avoir un comportement développement durable dans la façon de consommer l’événement, par la taxe carbone, le traiteur équitable, etc. Et d’autre part, d’engager une action qui va contribuer au développement durable ou solidaire. Nous sommes plus dans la deuxième phase. »
Un laboratoire a ainsi invité des médecins pendant une semaine au Cambodge pour prêter main forte à une ONG qui intervient dans le domaine des maladies cardiovasculaires. Dans ce cas, et même si le projet n’est pas présenté comme tel aux participants, on retrouve tous les ingrédients propres à un événement : valorisation des participants, cohésion d’équipe, communication autour de valeurs que l’on veut associer à l’entreprise, empreinte émotionnelle garantie. Passant de la théorie au terrain, les participants se sentent valorisés. Vivre cette aventure tous ensemble renforce l’esprit d’équipe des délégués et enchante les médecins qui sont souvent très isolés dans leur pratique quotidienne. Enfin, la plupart des médecins rêvent de « faire » de l’humanitaire mais les contraintes sont lourdes. Et ceux qui l’ont déjà essayé ne pensent qu’à recommencer. En rendant ce rêve accessible, les laboratoires créent des liens de reconnaissance tout en associant à leur entreprise des valeurs de solidarité. La semaine solidaire auprès de populations défavorisées remplacerait ainsi les trois jours de congrès à New York… Une façon de s’adapter à l’évolution de la société où plus que jamais le « juste pour le plaisir » est devenu indécent, où il faut « faire du sens », où le sentiment d’être utile, éthique, est devenu plus valorisant que celui d’être privilégié. C’est tendance et c’est tant mieux. Cela offre également une réponse adaptée aux besoins actuels des entreprises de faire autant avec moins.
Combien de personnes envoie-t-on en mission humanitaire au Cambodge pendant une semaine pour le prix d’un congressiste trois jours à New York ? Bien que philosophiquement il y aurait bien des choses à dire, concrètement tout le « Ces opérations humanitaires sont très complexes et nécessitent savoir-faire, expérience et concertation entre tous les acteurs. » monde est gagnant. Dans la mesure où la mission s’inscrit dans un cadre balisé, celui d’une ONG sélectionnée par exemple en concertation avec l’ensemble des acteurs locaux. De plus, la mise en place d’une charte de développement durable interne est souvent à l’origine de l’implication solidaire. C’est ainsi qu’il y a trois ans, l’agence événementielle Chaïkana Community a entamé un partenariat évolutif avec l’association Tourism For Development « Jusqu’à aujourd’hui, notre action consistait à reverser un pourcentage de notre chiffre d’affaires à TFD, explique Damien Verplaetse, directeur du pôle voyage et responsable du développement durable et RSE de l’agence. Aujourd’hui, nous allons plus loin en offrant plus de visibilité à l’association ». Au cours d’une opération au Maroc, par exemple, les participants sont informés des actions concrètes de TFD dans ce pays...
Et ceci grâce à eux, puisqu’une partie de leur facture y aura contribué. « Nos clients trouvent ça tout à fait normal. Ils ne conçoivent même pas que l’on puisse travailler sans avoir ce type de démarche. » Le partenariat est clairement affiché dans toutes les recommandations et les appels d’offres auxquels répond l’agence. Il est même devenu obligatoire dans certains référencements où les actions de développement durable et solidaires font partie des figures imposées avant sélection. L’humanitaire comme un label de bonne conduite, un argument commercial ? « Pour nous, il s’agit plus d’un engagement que nous aimerions partager avec nos clients, comme ceux que nous développons pour l’environnement ou le sociétal, répond Damien Verplaetse. La grande difficulté réside dans le choix de l’action humanitaire. Nous avons découvert TFD via l’ANAé et l’avons choisie parce que nous partageons leur engagement sur le développement économique plutôt que sur l’assistanat, par exemple. De la même manière, on ne débarque pas comme ça pour repeindre une école et puis au revoir. Il faut une pérennité qui s’accompagne d’un gros travail de concertation. C’est très long et cela nécessite une très bonne connaissance des rouages de l’humanitaire, ça ne s’improvise pas ! » L’événementiel solidaire de terrain implique que l’agence événementielle assume le rôle d’interface entre l’entreprise et l’association qui encadre l’opération finale. « Cela implique savoir-faire et expérience, souligne Michel Bensadoun d’EOS. Ces opérations sont très complexes au niveau réglementaire, des assurances des participants et de la concertation entre tous les acteurs, autorités nationales, locales, responsables locaux, chefs de villages, directeurs de dispensaires, etc. » Sans oublier le respect du fonctionnement économique local qui peut être bouleversé par une intervention gratuite. Nous sommes bien au-delà de la problématique événementielle mais tout à fait au coeur des enjeux du développement durable, celui des relations humaines au sens le plus large.

L'idée fondatrice de Tourism for Development est de faire financer par des professionnels du tourisme des projets de développement
initiés par les populations des pays visités.
PAR SABINE GANANSIA - Meer>In n°100 (mai 2009)
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