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Les transports parisiens passent au vert
01/09/2009 Transports
Les transports parisiens passent au vertRocade de métro, Autolib’, Voguéo… De nouveaux modes de transports sont en projet dans la Capitale. Cette offre, qui se veut plus accessible et respectueuse de l’environnement, a pour ambition de transformer durablement notre façon de nous déplacer.
Un métro automatique de 130 km autour de Paris d’ici 2022. Le projet est ambitieux, digne d’un chantier présidentiel de premier plan.
En avril dernier, Nicolas Sarkozy dévoilait son « Grand Paris » avec comme axe principal la rénovation et le prolongement des transports en Île-de-France. Près de 21 milliards d’euros devraient être attribués à la création d’une sorte de métro ou tramway automatique qui circulera 24 h/24 autour de la Capitale. Le souhait du président est de libérer les Franciliens des horaires fixes du RER et des trains de banlieue en rendant Paris accessible à tous. Chaque jour, près de 11 millions de déplacements sont effectués dans la Capitale, tous moyens de transports confondus, et plus de 900 000 habitants de banlieue viennent travailler à Paris. Repenser les déplacements est devenu une nécessité.
Un premier pas a été fait avec Vélib’. La mise en place de vélos en libre-service est un véritable succès. Près de 55 millions de trajets ont été effectués depuis son lancement en juillet 2007, avec un effet positif sur l’environnement. Mais la baisse d’émissions de CO2, faible à l’échelle d’une capitale comme Paris, n’est pas le principal bénéfice de Vélib’. Il permet surtout de familiariser les Franciliens et les touristes aux transports alternatifs : un voyageur peut commencer son trajet en Vélib’, le poursuivre en bus et finir éventuellement en métro et pourquoi pas en Voguéo. Ce bateau-bus, qui relie la gare d’Austerlitz à Maisons-Alfort depuis 1 an, remporte un taux très élevé de satisfaction.

Et la voiture fait partie des modes de transports envisagés, mais sans les difficultés de stationnement et d’embouteillages. Des réponses ont été apportées avec la mise en place de l’autopartage. Cinq sociétés, proposant ce service, sont aujourd’hui labellisées par la Ville de Paris : Caisse Commune, Mobizen, ConnectbyHertz, Okigo et Carbox. Ce dernier opérateur offre depuis peu un service spécifique pour les entreprises. Mais ces initiatives restent limitées et la France est actuellement à la traîne sur le développement de l’autopartage, instauré dans plus de 500 villes en Europe. Fer de lance de la campagne de Bertrand Delanoë, le projet Autolib’ pourrait remettre Paris dans la course des capitales les plus novatrices en termes de mobilité. Le maire de Paris avait en effet promis de lancer un système de voitures propres en libre-service.
Le projet Autolib’ pourrait remettre Paris dans la course des capitales les plus novatrices en termes de mobilité
Fin juillet, le préfet de Paris a donné son feu vert pour la création d’un syndicat mixte intercommunal, permettant de lancer un appel d’offres pour la Capitale et son agglomération. La SNCF, la RATP, Vinci et Avis se sont associés pour y répondre. D’autres opérateurs comme Véolia, Daimler ou Transdev sont aussi sur les rangs. Au total, 2 000 voitures à Paris et environ 2 000 en proche couronne seront à la disposition des Franciliens d’ici fin 2010. « Le niveau d’émission des véhicules s’avérera déterminant dans le choix des offres. L’utilisation de matériaux recyclables et peu consommateurs en énergie sera également prise en compte. Des premières estimations tablent sur 250 000 tonnes de CO2 évitées par an. La réduction du bruit est aussi un élément important », explique Sylvain Marty, chef de projet Autolib’ à la Mairie de Paris.
Mais l’objectif principal d’Autolib’ est de modifier les comportements. « Ce projet doit permettre de se débarrasser des véhicules particuliers et offrir à ceux qui n’ont pas de voitures la possibilité de se déplacer », précise Sylvain Marty. Pour autant, Autolib’ n’a pas pour but d’encourager la voiture, il s’inscrit dans une chaîne modale, permettant aux usagers d’avoir un choix plus large de solutions de mobilité. Mais certaines difficultés demeurent. Il n’existe pas à ce jour sur le marché de voiture électrique répondant aux critères de l’appel d’offres. Surtout la création de stations Autolib’ nécessite de repenser l’aménagement de la voirie et de créer des places de parkings dédiées. Enfin, le vandalisme des Vélib’ n’est pas sans créer quelques inquiétudes. Sur les 20 600 vélos mis en place à Paris, 16 000 ont déjà du être remplacés et 8 000 ont disparu, indique t- on chez JCDecaux.
PAR SARAH CHEVALLEY - Meet>In n° 103 (septembre 2009)
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