Nuits blanches à Saint-Pétersbourg
01/10/2009
Nuits blanches à Saint-PétersbourgDe fin mai à mi-juillet, le soleil cesse de se coucher sur l’ancienne capitale impériale. L’occasion de découvrir une ville d’affaires en plein essor, destination incentive par excellence.
Il est presque minuit et le crépuscule n’en finit pas de s’étirer sur les bulbes dorés de l’Ermitage. Une foule joyeuse arpente comme en plein jour les trottoirs de la Perspective Nevski tandis que de la musique classique s’échappe des palais sur les rives de la Moika. Située au bord du golfe de Finlande, à l’embouchure de la Neva, la deuxième ville de Russie (près de 5 millions d’habitants) s’étend sur 42 îles reliées par plus de 400 ponts. Fondée en 1703 par Pierre Le Grand, Saint-Pétersbourg a été construite par des architectes italiens qui lui ont donné une empreinte baroque, qui lui vaut le surnom de Venise de la Baltique. Capitale de l’empire russe jusqu’en 1918, la ville est débaptisée et devient Petrograd puis Leningrad, sombrant pendant des décennies dans la corruption et le banSaintditisme. En 2003, elle est réhabilitée à l’occasion de son tricentenaire et se dote de nouvelles infrastructures. Ville natale de Vladimir Poutine, elle accueille pour la première fois le sommet du G8 en 2006. « À l’image de Pierre le Grand, qui souhaitait faire de Saint-Pétersbourg une résidence pour les hôtes étrangers, Vladimir Poutine en a fait le lieu des rencontres officielles. Grâce à lui, beaucoup d’argent y a été investi », explique Catherine Savary, directrice du département événementiel d’Inexco Voyages.
Depuis une dizaine d’années, la ville a su attirer les capitaux étrangers. L’industrie automobile mondiale a été jusqu’à récemment le premier investisseur de la région, avec l’implantation des grandes firmes américaines comme Ford ou Toyota. L’ancienne capitale impériale est également en passe de devenir le centre du gaz russe : Gazprom a décidé d’y établir son siège, une tour de près de 400 m de haut, dont la construction est très
controversée. Mais la nouvelle richesse de Saint-Pétersbourg n’est qu’apparente. Derrière les belles façades pastel des palais, se cachent bien souvent des appartements délabrés. Un contraste qui n’empêche pas les touristes d’y affluer. Plus de 3,5 millions de personnes se rendent chaque année dans l’ancienne capitale des tsars. En 2008, son aéroport Pulkovo affichait plus de 15 % de croissance.
Situés en périphérie de la ville, de gigantesques centres de congrès à l’architecture soviétique ainsi que des hôtels de grande capacité comme les Park Inn Pribaltiyskaya et Pulkovskaya attirent le tourisme d’affaires local et certains grands congrès allemands. La plupart des businessmen occidentaux préfèrent quant à eux des sites historiques plus prestigieux comme le Grand Palais Catherine, le palais Derjavine ou encore le palais Yusupov, célèbre pour avoir été le théâtre de l’assassinat de Raspoutine. La croissance du tourisme, notamment d’affaires, fortement encouragé par le gouvernement, se ressent au niveau de l’offre hôtelière. De nombreuses ouvertures sont annoncées, venant s’ajouter à la soixantaine d’établissements 3 à 5-étoiles dont dispose actuellement la ville à l’instar du Corinthia et du Grand Hôtel Europe qui a ouvert cet été 10 suites historiques. Marriott ouvrira à la fin de l’année un établissement Courtyard avec un important espace de conférences près du célèbre théâtre Mariinski. Rezidor, qui dispose déjà d’un hôtel Radisson sur la Perspective Nevski, a 4 hôtels en projet, tandis que Starwood et Four Seasons devraient s’implanter en 2010 avec des adresses de luxe dans le centre de Saint-Pétersbourg. Plusieurs centres de congrès sont également en projet sur l’île de New Holland et au sein de la future tour Gazprom.
Mais ce dynamisme pourrait être ralenti par la crise qui frappe le pays de plein fouet. Et le secteur événementiel est l’un des premiers touchés comme en témoigne la fermeture de la filiale Potel & Chabot de Saint-Pétersbourg. Depuis le début de l’année, la Russie accuse une chute de 7 % de son PIB avec des vagues de licenciements massifs, notamment dans l’ancienne capitale impériale qui regroupe de nombreuses industries russes et étrangères. Pourtant malgré la crise, la société des chemins de fer russe a annoncé au début de l’été la création de la première ligne à grande vitesse reliant Saint-Pétersbourg à Moscou. De gigantesques travaux devraient permettre l’inauguration de la ligne avant la fin de l’année.
PAR SARAH CHEVALLEY - Meet>In n° 104 (octobre 2009)
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