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Prévention des risques en soirée

31/03/2010

Tabac, alcool, sécurité des lieux et des personnes... Les soirées événementielles n’échappent pas aux risques communs à tous les lieux recevant du public. Revue des facteurs à prendre en compte pour que l’événement ne tourne pas à la catastrophe.

Depuis le 1er janvier 2008, la cigarette est bannie de tous les lieux publics et dits de convivialité tels que les restaurants, bars et autres établissements hôteliers. Un facteur de risque écarté pour les organisateurs d’événements puisque désormais les fumeurs ont pris l’habitude de se retrouver dehors pour allumer leurs cigarettes. Pour l’alcool, en revanche, les entreprises sont plus inquiètes, surtout depuis le durcissement de la législation. Certaines d’entre elles ont été récemment condamnées après des soirées trop arrosées. « Nos clients sont de plus en plus sensibilisés au problème de l’alcool mais nous leur en parlons aussi systématiquement, précise Pierre-Clément Dockx, président de Ludimus. C’est le rôle de l’agence d’attirer l’attention de son client sur le sujet. Au même titre que le balisage des lieux pour trouver facilement, etc., nous jouons notre rôle de conseil tout simplement ». Face à la question, trois attitudes ont été observées par les agences de la part des entreprises. La radicale : on supprime totalement l’alcool et on agrémente la soirée d’une animation de mixologie, création de cocktails, à base de jus de fruit, sans alcool bien sûr. On a vu aussi apparaître des animations bars à thé ou chocolat et même à tisanes ! La raisonnable : l’alcool est servi pendant le repas, une solution valable si la soirée est prévue jusqu’à 22h 30. La responsabilisante : lors de la soirée dansante l’alcool est limité par l’usage de tickets conso, mais comme on ne peut empêcher ceux qui le souhaitent de se payer un ou deux verres supplémentaires, des alcootests sont proposés à chaque personne qui quitte le lieu. À chacun de prendre ses responsabilités. 

Si le jus de fruits peut passer en soirée, au restaurant, en revanche, difficile d’envisager un repas sans un verre de vin, comme le raconte Fabien Martre, directeur associé d’Idéal Gourmet, agence de conseil et réservation de restaurants gastronomiques : « Inviter les gens dans un bon restaurant et dîner à l’eau... Ce n’est ni très gastronomique, ni très festif ! Généralement nous proposons un apéritif et une bouteille de vin pour deux personnes pour la soirée. Si elle se prolonge par une soirée dansante, nous ajoutons un verre ou deux sous forme de ticket conso avec possibilité d’un open bar soft (sans alcool). Nous n’avons jamais eu de demande d’alcootest mais il arrive que l’entreprise organise du co-voiturage ou mette à disposition des invités un système de navettes. Nous avons eu très peu d’incidents en cinq ans d’existence, un sur 33 000 personnes ! ».

« Quand une agence ou une entreprise organise une soirée et loue un lieu spécifique, il doit y avoir passage d’une commission de sécurité qui contrôlera le lieu, validera les montages et la conformité des installations. »

Même sans avoir bu un verre de trop, certains lieux peuvent représenter un danger pour les invités. « Quand une agence ou une entreprise organise une soirée et loue un lieu spécifique ou qu’elle utilise un lieu éphémère avec intervention de prestataires techniques extérieurs, il doit y avoir passage d’une commission de sécurité qui contrôlera le lieu, validera les montages et la conformité des installations », prévient Sylvain Calmels expert technique en spectacles et événements d’Apave qui a créé il y a deux ans un département dédié aux spectacles et événements professionnels. Le rôle de ses bureaux de contrôle comme la Socotech, Véritas ou Apave est de vérifier, valider, mais aussi d’assister la maîtrise d’ouvrage, afin de s’assurer que la vie des invités, techniciens, artistes et autres intervenants n’est pas mise en danger pendant l’événement et son montage. Les contraintes liées aux spectacles concernent notamment l’accrochage (double accrochage des éléments au-dessus du public, par exemple), les unités de passage et de circulation, les sorties de secours, la sécurité incendie (utilisation de matériaux non feu, nombre d’extincteurs...) et le contrôle du travail en hauteur (sécurité des éclairagistes, par exemple).

Enfin, après avoir pris toutes leurs précautions en matière d’alcool et de sécurité des lieux, certaines entreprises poussent jusqu’à réduire au maximum les risques au niveau des animations pour éviter tout accident du travail. « Aujourd’hui on ne fait plus rien de physique ou sportif, constate Pierre-Clément Dockx. Le saut à l’élastique, la tyrolienne ou l’accrobranche c’est fini. Pas de montgolfière ni d’hélicoptère non plus... Même le VTT est très soft. Les rares exceptions restent des tournois de football ou de rugby ».

Établissement recevant du public : qui est responsable de quoi?

« Les organisateurs ne sont pas toujours très au courant de la réglementation, alors qu’ils sont responsables, y compris des prestataires techniques », rappelle Sylvain Calmels. Le propriétaire d’une salle ou d’un lieu a la contrainte de l’entretien régulier et de la maintenance des appareils de sécurité comme les portes coupe-feu, les détecteurs de fumée, les extincteurs, etc. C’est au propriétaire de s’assurer que le loueur et celui qui équipe les lieux respectent les règles de sécurité et les contraintes des établissements recevant du public (ERP), en tenant compte du nombre de personnes, de l’équipement technique, etc. En cas de sinistre, le propriétaire peut être tenu de co-responsable, au même titre que l’agence organisatrice. Quant à l’entreprise, elle doit signaler dans son cahier des charges que l’ensemble de la prestation doit être réalisé dans le respect des règles de l’art. « Il ne faut pas voir la sécurité comme une contrainte mais comme faisant partie du quotidien, conclut Sylvain Calmels. De la même manière, la réglementation ne doit pas empêcher la créativité. Nous sommes là pour trouver des solutions palliatives, des mesures compensatrices, elles aussi validée par la commission de sécurité, qui vont permettre une marge d’action dans le respect de la réglementation. »

 

Par SABINE GANANSIA, MEET>IN n°109 (avril 2010)



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