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Se connecter dans les airs : attention danger?

01/10/2009 Se connecter dans les airs : attention danger ? Se connecter dans les airs : attention danger ?

Plusieurs compagnies aériennes autorisent désormais l’usage du téléphone portable en vol. Un service encore peu répandu qui relance la polémique sur l’utilisation d’appareils électroniques à bord. Le point.

Parmi les ordinateurs qui sont aussi des téléphones et vice-versa, les consoles, appareils photos et autres matériels capables de dialoguer via le Wi-Fi, quels sont ceux que l’on peut utiliser à bord d’un avion ? « Est interdit à bord tout ce qui est émetteur à l’extérieur de l’avion et peut perturber les ondes radars », répond Patrick Lansman, chef de mission droit des passagers de la Direction Générale de l’Aviation Civile (DGAC). Pourtant, certaines compagnies aériennes permettent désormais l’usage du téléphone portable en vol (Ryanair, TAP et Bmi pour l’Europe). Refusé par la plupart des compagnies régulières, ce service relance la polémique sur l’utilisation d’appareils électroniques à bord. « Les systèmes de station GSM embarqués neutralisent l’effet néfaste des téléphones mobiles, poursuit Patrick Lansman. Ils rendent possibles les communications, en dehors des phases critiques de décollage et d’atterrissage en dessous de 3 000 m, bien sûr. Un passager qui tenterait de faire usage de son portable à ce moment s’exposerait, au même titre que tout passager indiscipliné, à des poursuites pouvant aller jusqu’à la mise en danger d’autrui. Le risque n’est pas majeur. Des perturbations, oui, mais penser qu’un avion puisse s’écraser à cause d’un portable, non ! Il faut garder le sens de la mesure. »


Un sens de la mesure qui a dû échapper aux quarante passagers blessés au cours du vol QF72 de la compagnie australienne Qantas en octobre 2008, contraint à un atterrissage d’urgence après avoir brusquement chuté de 1 000 m. L’agence australienne de la sécurité
de l’aviation civile parle d’un bug. D’autres sources évoquent la possibilité d’interférences avec des ordinateurs portables...
« En décembre 2008, des compagnies aériennes allemandes et japonaises ont renouvelé l’interdiction d’utilisation des portables à bord des avions, et même des consoles de jeux pour le Japon, puisque ces dernières peuvent aussi utiliser des liaisons sans fil », rapporte Marc Filterman, ancien de l’Armée de l’Air, de Télédiffusion de France et de France Télécom, qui a effectué dix ans de recherche sur les radars. « Il n’y a qu’en France qu’on fait le contraire, du fait de la pression exercée par les opérateurs télécoms. Concernant les téléphones portables, nous avons déjà mesuré des niveaux qui s’échelonnent les premières secondes d’une communication entre 100 V/m et 300 V/m, or la norme Avion Eurocae classe V est de 50 V/m. Ce sont les premières secondes d’une communication qui sont les plus néfastes, idem en voiture avec les limiteurs de vitesse. »

« Même si les bornes GSM embarquées ont été limitées à six utilisateurs, cela ne garantit pas que les portables, ou même les PDA, vont s’abstenir d’émettre pour faire une recherche de relais, et donc générer une puissante impulsion, poursuit Marc Filterman, qui écrivait dans un courrier daté du 22 septembre 2005 à l’attention de Matignon et de l’Assemblée Nationale : « Il faut savoir que si un passager est installé côté hublot, quand son téléphone portable va passer en puissance d’émission maximum, soit 2 watts, nous aurons du 33 V/m à 30 cm de distance, sur le côté du fuselage. Si un faisceau de câbles se trouve à cet endroit, il y aura automatiquement des points d’injections, avec des tensions qui pourront suivre les fils et perturber les instruments de bord qui se trouvent dans le cockpit. Comme un avion transporte un minimum de 100 à 300 passagers, même s’ils ne sont qu’une dizaine le long des hublots à avoir laissé leur portable en veille, lorsque l’appareil se présentera pour un atterrissage ou un décollage, nous nous retrouverons avec une valeur qui pourra atteindre les 330 V/m par exemple, les téléphones portables dialoguant avec les relais GSM quand ceux-ci seront à ou hors de portée. Plus un avion est gros, plus il y a de passagers, plus le risque d’avoir un nombre élevé de voyageurs avec téléphones portables est important. On doit en plus prendre en compte l’aspect multimodes des téléphones portables, et comme nous le savons, les systèmes à bord sont encore plus sensibles au mode DCS, donc l’UMTS est aussi concerné ».

PAR SABINE GANANSIA



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