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"C'est le coach qui dit"

Laurence Rousseau
Laurence Rousseau

Victime consentante du phénomène Coupe du monde de football, et de tout ce que cela ouvre comme perspectives délectables en termes d’expressions de mauvaise foi, de commentaires mémorables et de chauvinisme assumé, je ne me lasse pas d’écouter les joueurs de l’équipe de France faire acte de contrition vis-à-vis de leur piteuse prestation en Afrique du Sud et jurer désormais obéissance à leur sélectionneur.

Ainsi, le falot Didier Deschamps aurait-il réussi à dompter nos dieux du stade et leurs égos d’enfants gâtés ? À entendre les Valbuena, Benzema, Giroud et consorts qui n’ont à la bouche que des « C’est le coach qui dit» ou « On fait confiance au coach », on se dit que même si l’on ne remporte pas la compétition, on aura au moins gagné un esprit d’équipe et un sens des responsabilités qui nous faisaient cruellement défaut depuis 1998.

Le travail de Deschamps, comme de tous chefs d’équipe dans le sport ou dans l’entreprise, est de déceler le meilleur des individualités, de les bonifier et de les déployer à la bonne place, au service de l’intérêt général et d’un projet commun. On a d’ailleurs tendance à l’oublier, mais le coach est là pour ouvrir des perspectives et créer l’adhésion et seulement ensuite pour se faire obéir, si besoin est.

Alors que le rôle du chef d’équipe perd de sa légitimité dans quasiment tous les domaines de la sphère publique et politique, nous vivons les grandes heures du coaching personnel. Minceur, déco, look, amour, etc. ce qui touche au plus profond de notre intimité requiert désormais un soutien pour se positionner au mieux dans un monde en perpétuel mouvement.

Ce n’est pourtant pas en déléguant son libre-arbitre que l’on avance, mais en le travaillant dans le respect de soi-même et du bien commun. « Je suis le maître de mon destin, je suis le capitaine de mon âme », écrivait William Ernest Henley dans son poème Invictus. Nelson Mandela s’en fit une devise qui l’accompagna tout au long de son incroyable parcours, le mena sur le chemin de la libération et, accessoirement fit gagner à son pays la Coupe de monde de rugby en 1995…

Bel été,

Laurence Rousseau,
Directrice de la rédaction